Poésie phonétique

Les premiers textes sonores de Bryen, datés de 1928, s’inscrivent dans la lignée des poèmes phonétiques futuristes et annoncent le lettrisme. Il en écrira tout au long de sa vie.

Créés pour être lus à voix haute, clamés, ses textes ont souvent été récités par François Dufrêne, avec qui Bryen a exploré ce champ d’action de la poésie. Il fut également proche d’Iliazd, qui publia Poésie de Mots Inconnus en 1949.

L’année suivante, le poème « Hepérile nidi nenoine, Pinfontaliman younitou, Elébé oninui Crinane, Banin ovre ilair ali…  » est publié par P.A.B. dans un opuscule de six centimètres de côté, tiré à seulement 17 exemplaires. Trois ans plus tard, Raymond Hains et Jacques Villeglé vont déformer la typographie de l’ouvrage à l’aide de verres cannelés, réalisant ainsi Hépérile éclaté. La déconstruction du langage laisse alors place à une déconstruction des formes, les vocables deviennent signes, d’incompréhensible le poème devient illisible.

Plusieurs textes sonores ont par ailleurs été réunis en 1967 par Jes Petersen dans un recueil que Bryen illustrait de dessins, Lolirec.

« Vive le courant d’air de l’illisible, de l’inintelligible, de l’ouvert !
En écrivant Hepérile en mots inconnus, je criais organiquement
sans référence au vocabulaire – cette police des mots… […]
Aujourd’hui, grâce à Raymond Hains et Jacques de la Villeglé les deux
colons des « ultra-lettres », voici le premier livre heureusement illisible. »
(Avertissement au dé-lecteur,texte de présentation d’Hépérile éclaté)