Peinture

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Camille Bryen est, avec Wols et Mathieu, l’un des représentants de la tendance chaude de l’abstraction et l’un des pionniers de la non-figuration psychique, de l’informel. Mais contrairement à ses compagnons, Bryen ne s’est jamais tourné vers le gestuel : sa peinture instinctive est organique.

Lors des expositions fondatrices du mouvement, qu’il co-organise avec Georges Mathieu et Michel Tapié (L’Imaginaire, HWPSMTB, White and Black), Byen présente des Structures imaginaires, dessins abstraits aquarellés dont on trouve les formes architecturées dans ses premières toiles.

Bryen s’initie à la peinture à l’huile en 1949, et ce mode d’expression va progressivement se substituer à l’écriture, dont on retrouve les traces dans certains titres de tableaux (Hépérile, L’Indéfini du subjectif…).

Le graphisme convulsif des premières toiles laisse place à partir de 1956 à un espace qui s’organise en une mosaïque de touches colorées, et dans lequel les giclures viennent donner une dimension spatiale supplémentaire.

Au début des années soixante, la palette de couleurs se pastellise, les formats s’agrandissent, l’oeuvre semble alors sortir du cadre et n’être plus que le fragment d’un espace beaucoup plus vaste.

C’est à cette période que Camille Bryen connaît la reconnaissance des institutions, des rétrospectives lui étant consacrées par les musées de Nantes et du Havre, puis par le Centre National d’Art Contemporain et le Musée National d’Art Moderne.

« La peinture n’a de sens pour moi que comme une aventure de l’être
Elle est un moyen de contact avec le ciel au-delà des formes et des signes
L’exercice spirituel qu’elle suppose est sans doute très proche du Nada de
Saint Jean de la Croix ou du tir à l’arc des zen
Les symboles et les visions sont du domaine des regardants »
(extrait de La Peinture…)