Dessins

Dans ses premiers recueils, Camille Bryen réunit des poèmes, dessins et collages, guidés par le psychisme. Mais bien que la pratique de l’automatisme dans l’écriture et le dessin rapproche Bryen du groupe surréaliste, son esprit subversif est plus proche de celui de dada.

Plusieurs centaines de dessins de cette époque représentent des figures transhumaines, cannibales, aux corps démembrés. Ce sont les seules traces d’une transfiguration du réel dans l’oeuvre de l’artiste.

Ses autres dessins, abstraits, incisifs, vont évoluer dans l’après-guerre : de format plus grand, ils sont réhaussés d’aquarelle. La transition du crayon au pinceau se fait alors dans ses Structures imaginaires.

Par ailleurs, Camille Bryen a également multiplié les expériences autour du dessin, notamment à travers l’utilisation de contraintes telles que dessiner encagoulé ou dans un avion.

 

« La signification en peinture c’est son évidence organique.
L’oeil à travers elle, accède à une nouvelle organisation des formes et des couleurs.
Est-il chrétien toujours, celui qui s’émeut devant les oeuvres des primitifs ?
Animiste, celui qui vibre devant les statues de l’Île de Pâques ?
Les structures imaginaires apparaissent, se développent selon des impératifs musculaires et psychiques (etc.) qui ressortissent à l’existence.
Le mouton fabrique du cuivre dans la graisse de sa toison.
Le cachalot l’ambre gris dans son ventre.
Certains hommes dessinent… »
(Structures Imaginaires)