Activités littéraires

De ses premières chansons aux conférences à la Sorbonne, en passant par les poèmes automatiques et phonétiques, les chroniques littéraires, ainsi que les textes sur l’art, Bryen aura expérimenté de nombreuses formes d’écriture pendant un demi-siècle.

Avant guerre, Camille Bryen écrit la plupart de ses textes par automatisme, développant un langage autonome qui n’est plus contrôlé par la pensée rationnelle. Le titre de son second recueil (Expériences, 1932) était déjà tout à fait explicite : l’auteur y expérimentait de nouvelles formes littéraires (poésie automatique, phonétique, collages de textes), illustrées de ses dessins, graffitis, collages… .

Retiré à Lyon pendant la guerre, Camille Bryen rédige quelques chroniques littéraires pour des journaux locaux. Il est alors très proche de Marcel Michaud, qui l’expose dans la galerie Folklore en tant que poète. Ils proposeront ensemble de propager les écrits, et expliquent cette démarche dans un texte-manifeste, La Poésie partout.

Lorsqu’il revient à Paris, Bryen co-signe un ouvrage avec Audiberti, L’Ouvre-Boîte, dans lequel ils développent une vision abhumaniste du monde.

Les ouvrages de poésie publiés par la suite sont pour la plupart d’entre eux des recueils composés de textes plus anciens, ou des livres d’artistes édités chez PAB, à Alès.

Sa production se raréfie après la libération. Camille Bryen se consacre à la peinture, délaissant peu à peu la poésie. Il continue néanmoins de rédiger des textes sur l’art et quelques poèmes, mais se plaisait à répéter : « Je peins pour ne plus écrire ».

 

« La poésie se doit, de plus en plus, d’être mêlée à la vie »
(La Poésie partout)

« Ce n’est toujours qu’un mot que j’ai cherché,
Un soir j’ai composé tout un poème,
PUIS LES MOTS SONT ENTRES LES UNS DANS LES AUTRES »
(La Chair et les Mots)

« Réellement je crois que le non-humain est un sentiment non une idéologie,
et qu’elle risque plus de déboucher dans les domaines de création et de mystique
que dans ceux des sociologies plus ou moins sacrées.
Mais surtout il importe de noter c’est que l’on ne peut rien comprendre
dans l’art actuel si on ne fait pas sa part à l’abhumanisme. »
(Lettre ouverte à Audiberti sur l’existence de la peinture abhumaniste)